Cadre idyllique, paysages magnifiques, animaux exotiques, la promenade à dos d’éléphants est pour bon nombre de touristes synonyme de bonheur et de souvenir inoubliable. La réalité est toute autre. Baan-Yen est un éléphant né dans les années 1950. Cette femelle a passé plus de 20 ans à porter des touristes sur son dos. Voici son histoire et celle de tous les pachydermes victimes de l’industrie du tourisme.

Capturés très jeunes de façon illégale, les éléphants sont séparés de leur mère auprès de qui ils sont sensés rester plusieurs années. Afin de rendre ces animaux dociles, les éleveurs leur font subir une pratique appelée « Crushing » ou « Phajaan ». Ce processus vise à briser l’esprit de l’éléphanteau et à lui inculquer la peur de l’Homme. Selon les croyances populaires, si l’on sépare l’éléphant de son esprit sauvage, ce dernier se soumettra alors totalement à la volonté humaine.

Un éléphanteau durant le « phajaan. Source : All-creatures.org

Pour arriver à ce résultat, l’éléphant est enfermé et enchainé pendant 4 à 6 jours. Il est privé de nourriture, d’eau et de sommeil. Pour le conditionner à l’obéissance et à la soumission, les élèveurs blessent répétitivement l’animal à des endroits stratégiquement sensibles où la peau et très fine. Tout au long de la vie de l’éléphant, cela leur permettra de raviver le souvenir du traumatisme vécu, Les éleveurs blesseront l’animal à ces endroits lorsqu’ils estiment qu’il ne répond plus aux ordres de façon satisfaisante. L’éléphant, revivant alors la souffrance endurée lors de ce processus se soumettra plus aisément.

Source : National Geographic

La moitié des éléphants subissant cette pratique y succombe. Si après ce rituel, l’animal est jugé devenu agressif, il est abattu. Quand les éleveurs estiment que l’animal est psychologiquement brisé, le dressage débute. Pour amener l’éléphant à obéir, les privations d’eau, de nourriture et de sommeil ainsi que la torture sont quotidiennes. Une fois le dressage terminé, l’éléphant n’est pas au bout de ses peines. En effet, sa vie se résumera à porter des humains toute la journée sans manger, ni boire et à être attaché le reste du temps.

Baan-Yen, l’éléphant de 50 ans a été secouru par le Phuket Elephant Sanctuary en 2014 après avoir vécu vingt longues années au service du tourisme. Quand elle est arrivée au centre, Baan-Yen était tellement faible qu’elle a dû être perfusée pour survivre. Selon les employés du centre, l’éléphant était tellement traumatisé par son passé qu’il ne s’allongeait même plus pour dormir.

Durant les premiers temps, Baan-Yen a fait preuve d’un comportement dépressif relativement alarmant et d’une peur bleue de l’Homme. Peu à peu, la femelle a commencé à se sentir en sécurité. Elle a trouvé du réconfort auprès d’un éléphant au passé semblable.

Baan-Yen et son compagnon Gaew Ta. Source : Lek Chailert

Même si Baan-Yen vit aujourd’hui des jours plus paisibles, de nombreux autres éléphants vivent le même supplice qu’elle. Il semblerait qu’une grande partie des touristes ne soient pas au courant de ces pratiques. Le marché des promenades à dos d’éléphants ne semble pas faiblir. Seul un boycott de la part des visiteurs pourrait l’affaiblir et ainsi sauvegarder les éléphants d’Asie, menacés d’extinction.

Meghan

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