Très récemment, à Rennes, six hommes ont été hospitalisés suite au test d’un médicament psychotrope : l’un d’entre eux, en état de mort cérébrale, est à présent décédéQu’en est il de l’étape avant les tests sur l’homme ? L’expérimentation animale…

L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a déclaré – concernant des essais cliniques – :

“Il n’y a jamais eu un événement aussi grave en France.”

Aujourd’hui, deux enquêtes seraient ouvertes concernant l’essai thérapeutique qui a été mené. Mais pour l’heure, la grande absente des médias est la question de l’expérimentation animale.

Quelles avancées médicales grâce l’expérimentation animale !… th (17)Mais l’on se garde bien d’exprimer ses ratés !

Les animaux, victimes des effets secondaires de médicaments n’ont que très peu de possibilités pour rendre ce débat public…

C’est avec des scandales comme récemment à Rennes, mais aussi en 2001 aux États-Unis à l’Université John Hopkins, ou TGN1412 en 2006 en Angleterre (où 6 patients avaient été placés en soins intensifs) que l’opinion publique peut réfléchir au danger des essais cliniques.

A savoir que : ces médicaments auraient réussi – à l’époque – la phase d’expérimentation sur les animaux…

Serait-ce une question de dosage ? NON.

Claire Lejeunne, chef de médecine interne à l’hôpital Cochin, expliquait que les doses sur les cobayes humains étaient bien plus faibles que sur les animaux :

“On ne peut pas parler de surdosage car les posologies sont dix fois plus faibles que la posologie théoriquement toxique pour l’animal.” ; “Malheureusement, l’expérimentation animale n’est pas transposable systématiquement à l’homme“.

Les politiques se veulent rassurant

Car évidement, pour tout scandale sanitaire, les politiques tentent à rassurer les citoyens sur l’encadrement de la firme ciblée.

Marisol Touraine, la ministre de la Santé déclarait :

“Ce laboratoire était un laboratoire connu pour le sérieux des études qu’il mène. Cela n’empêche pas que toutes les questions seront posées”.

C’est pas nouveau : les essais sur les animaux ne sont pas fiable !

Les effets secondaires des médicaments observés sur les animaux ne saurait être systématique sur l’homme, voir totalement différents. D’après Claude Reiss (ancien directeur de recherche au CNRS et président de l’association scientifique Antidote Europe) et André Ménache (vétérinaire et directeur scientifique d’Antidote) ce serait au tâton. Et dénonceraient même lors des essais précliniques, la manière dont une espèce animale peut remplacer une autre.

Antidote Europe publiait, le 4 janvier, la traduction française de l’article de la neurophysiologiste Aysha Akhtar, “Comment la recherche animale nuit à l’homme” soit une remise en question de la viabilité du modèle animal.

John Brosky et Cormac Sheridan dans Bioworld, s’expriment :

“Quoiqu’il ressorte de l’enquête, il est clair que les essais précliniques de toxicité menés par Bial ont été tragiquement inappropriés. Le modèle animal qui a été utilisé n’a pas pu être prédictif (pronostic) quant aux effets désastreux que les volontaires ont subis à Rennes.”

La molécule Bia 10-2474 testée sur des chimpanzés

Depuis l’entrée en application en 2013, de la directive européenne 2010/63/UE qui réglemente l’utilisation des animaux à des fins scientifiques, il est interdit de mener des expériences sur les grands singes pour des raisons éthiques (de par sa proximité avec l’homme et d’aptitudes sociales et comportementales).

Mais il y aurait 2 exceptions légales :

Ethiques, sont les expériences sur les grands singes pour des “recherches visant à la préservation de ces espèces” et “lorsque des actions concernant une affection potentiellement mortelle ou invalidante frappant l’homme s’imposent, et qu’aucune autre espèce ni méthode alternative ne suffirait pour répondre aux besoins de la procédure.”

Le chimpanzé aurait était la seule espèce permettant les essais pour passer en phase 1 sur l’homme en sécurité…

Comment se fait l’expertise du scientifique ?

Pour que les firmes pharmaceutiques obtiennent la permission de procéder aux essais sur l’homme, elles doivent fournir des données de toxicité pour un rongeur et un non-rongeurSi les deux espèces tolèrent bien le nouveau médicament, ces données sont soumises à l’autorité de réglementation. Puis viennent les essais de phase 1, sur des volontaires sains.

MAIS

André Ménache explique :

“Toutefois, si une seule des deux espèces animales tolère bien le médicament, la firme qui effectue les tests est autorisée, en fait obligée, à trouver une autre espèce animale de sorte que les données obtenues sur le rongeur et celles obtenues sur le non-rongeur concordent et respectent les critères de ‘sûreté’ des médicaments”

“Ainsi, des souris peuvent remplacer des rats, ou bien, des singes être utilisés à la place des chiens. Les autorités de réglementation font confiance aux firmes pour choisir le modèle animal le plus ‘approprié’ pour tester leur candidat médicament“.

Le citoyen est naïf

Les expériences ne sont jamais diffusées, car elles n’intéressent pas le grand public… en effet étant que non scientifique, le citoyen estime que si les essais cliniques sont autorisés, c’est que le risque est vraiment limité. Une confiance plutôt arbitraire – peut être encore une question de norme sociale ?…

Qui n’aime pas l’homme, n’aime pas les animaux

Bon nombre de lecteurs peuvent se dire que les cobayes humains sont consentants, à l’inverse des animaux présents dans les labos. Mais pensez vous réellement que ce ne sont pas des humains en détresse ?

L’affaire de de Rennes pose les questions : Un consentement éclairé  ? Quels sont les motivations ? Peu de doute ce sont les rémunérations alléchantes, – qui peuvent tourner autour de 2.000 ou 3.000 euros pour une étude – qui motivent ces humains de labos, ce que nient les laboratoires. Pour Biotrial, ces derniers recherchant des volontaires les inviteraient à contribuer au progrès de la recherche, dans une visée philanthropique totalement dépourvue d’intérêt économique, préférant défendre cette motivation bien plus noble et acceptée – biensûr !

Historiquement, les cobayes humains ont toujours été des êtres jugés inférieurs par ceux qui expérimentent… Cela lié à leur origine sociale, leur mœurs, leur race, leur sexualité ou leur marginalité : prostitués, orphelins, déficients mentaux, détenus, homosexuels, juifs, handicapés, indigènes, etc…

Furetière, écrivait en 1690 :

“On expérimente les remèdes sur des personnes de peu d’importance”.

Notre combat pour les animaux dans les labos.

Ces êtres vivants non-consentants, “inférieurs” souffrent “pour nous”…

Dans quelle mesure sont-ils des modèles pertinents ?

Dans quelle mesure leur souffrance évite la nôtre ?

On voit avec l’affaire la molécule Bia 10-2474 que l’expérimentation animale, ne mène à rien.

 

Source ici

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here